Portrait

Biographie : Daniel Chabrot, petit-fils de Daniel Girou. Les photographies sont issues de la collection privée des familles Girou-Chabrot-Sieuzac-Suberville. Nos remerciements.

 
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Quelques traits de vie sur notre grand-père.

 

Une histoire tonneinquaise (1881-1944)

 

Laurent, Marius Girou, dit « Daniel Girou » est né rue Casalis en 1881, quartier Saint-Pierre de Tonneins-dessus, sur l’antique site protohistorique du Montamat. Son père Jean-Julien avait vu le jour à Tisané près de Saint-Pierre de Nogaret. Il était cordier. Sa mère Marie Bouchère, issue d’une vieille famille tonneinquaise, était cigarière à la Manufacture des tabacs. Son professionnalisme lui valut une promotion de maîtresse cigarière de « Ninas » à la manufacture des tabacs d’Orléans. Toute la famille partit sur les bords de la Loire et JeanJulien devint laborantin. L’adolescence passée loin du pays natal explique que leur fils Daniel fut militairement recensé à Orléans.

Après un tour de France d’apprentissage professionnel, il revint à Tonneins. En 1902, Daniel Girou épousa Marie-Marthe, lisseuse, fille de Victor Suberville, scieur-de-long tonneinquais, négociant en bois d’œuvre, et de Marie Perrot, cordière, originaire du Mas d’Agenais. Sa première installation se fit au bout de la rue Gambetta, à quelques dizaines de mètres de la « Manu » puis au 63 de cette même rue. Dans cette maison spacieuse, il installa en façade son magasin et dans le jardin son atelier-studio vers 1914.

 

Son fils aîné, Guy Girou, diplômé de l’Ecole des Arts-et-Métiers, fut ingénieur à la manufacture des tabacs de Tonneins. Il épousa Marcelle Bignon originaire de la ville de Gironde qui lui donna deux fils, Jean-Claude (décédé) et Pierre (décédé). Ses filles Huguette Girou-Chabrot et Micheline Girou-Sieuzac le secondèrent à son laboratoire jusqu’à leur mariage. L’aînée épousa Marcel Chabrot, employé des Chemins de fer, né à Chantilly Pont de Verteuil, musicien des Pompons-Bleus et gymnaste des Volontaires Tonneinquais. Ils eurent quatre enfants : Josette, Jean-Marie (décédé), Philippe et Daniel. La cadette se maria avec Louis Sieuzac, quincailler cours de la Marne, qui lui donna cinq enfants : Colette, Alain, Dominique, Danielle et Joël (décédé). Ses 11 petits-enfants sont tous natifs de Tonneins (rue Gambetta ou au Pont-de-Verteuil).

 

La guerre

 

Père de trois enfants, mobilisé en août 1914, il fut grièvement blessé à la face par une balle explosive lors de la première grande offensive sur Ypres (Belgique) en novembre 1914. Après deux mois de convalescence, il fut affecté au service photographique des Armées et détaché à une escadrille d’aviation coloniale. Il en rapporta des photos de guerre dont celles de deux « as », ou plutôt héros, de cette nouvelle armée aérienne : Georges Guynemer et Charles Nungesser. Pensionné de guerre, décoré de la médaille militaire, les conséquences neurologiques de ses blessures abrégèrent sa vie.

 

Son œuvre

 

Il était admiré pour son travail d’artiste retoucheur par le célèbre photographe villeneuvois Ray-Delvert (conversation privée). La famille a conservé un grand nombre de tirages et de clichés de verre. Le travail des collectionneurs locaux a enrichi le patrimoine mémoriel de son œuvre avec la mode des cartes postales. Et quelles vieilles familles de la moyenne-Garonne n’ont-elles pas, en chambre, grenier ou salle à manger, les portraits des ancêtres signés « Daniel Girou » ? Par ses petits-enfants qui l’ont connu il reste, dans la mémoire intime de ses descendants, un exemple d’affection, de bonté et de rigueur professionnelle.

 

La banquette de halage en bordure de Garonne, située entre le quai de la Barre et le quai Saint-Pierre à Tonneins, porte le nom de Daniel Girou.

Daniel Girou et la Grande Guerre

Ce texte est extrait du livre : « Les correspondances oubliées de Poilus Tonneinquais », d’Alain Glayroux, aux Éditions de La Mémoire du Fleuve ». Cet ouvrage de 540 pages a obtenu le label du Centenaire (1918-2018).

 

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Monsieur Laurent-Marius Girou, dit Daniel, voit le jour à Tonneins le 30 septembre 1881. Il est le fils de Jean Girou (1) (cordier) et de Marie Bouchères (cigarière).

Sur le registre d’État Civil de la ville de Tonneins et lors de son mariage, nous retrouvons le prénom composé Laurent-Marius, par contre il signe du prénom Daniel son acte de mariage.

 

C’est donc le 11 septembre 1902 que Daniel Girou (2), photographe de son état, épouse Marie-Marthe Suberville (lisseuse), fille de Victor Suberville (négociant) et de Marie Perrot (cigarière).

 

Daniel et Marie-Marthe Girou auront trois enfants ; Guy (1902), Huguette (1907) et Micheline (3) (1909).

 

Dès son plus jeune âge, Daniel Girou sait qu'il sera photographe, il suit une formation et devient compagnon du tour de France.

 

Après son mariage en 1902, Daniel Girou effectue son service militaire et arrive au corps le 16 novembre de la même année. Il change plusieurs fois de régiment du 131ème régiment d’infanterie en passant par le 20ème régiment d’infanterie, pour terminer comme soldat 1ère classe à la 18ème brigade d’infanterie. Il est mis en disponibilité le 11 août 1905.

 

Comme ses camarades il est rappelé le 1er août 1914 par décret de mobilisation générale, il arrive au 122ème régiment d’infanterie le 12 août 1914 pour passer le 28 septembre 1914 au 53ème régiment d’infanterie.

 

Le 14 novembre 1914 près d'Ypres (Belgique), il est blessé à la joue gauche, fracture de l’os molaire et du maxillaire inférieur (4).

 

La veille de sa blessure le général, commandant le secteur, fait connaître que le soir même le 7ème bataillon de chasseurs sera remplacé par le 14ème chasseur, mais que malgré son état de fatigue extrême le 53ème régiment d’infanterie devra continuer à rester à son poste et à assurer la défense de son secteur.

 

Le journal de marche des unités est très laconique concernant la journée du 14 novembre 1914 : « … rien de particulier à signaler pendant toute la journée et la nuit… 4 tués, 11 blessés, 1 disparu… ».

 

Après la guérison de sa blessure il arrive au dépôt début janvier 1915 pour être affecté à la réserve générale de l’aviation de Bourges, le 9 octobre 1915. Le 12 octobre il est dirigé au 2ème groupe d’aviation.

 

En décembre 1917 nous le retrouvons à l’escadrille 61 puis début janvier 1918 à la 34ème section de photo aérienne.

 

Le 18 mai 1916 Daniel Girou est nommé caporal et passe sergent le 20 juin 1918.

 

Le sergent Daniel Girou, rentre définitivement dans ses foyers le 12 août 1919, il se verra décerner la médaille militaire en 1932.

 

Il reprend son métier de photographe (5).

 

 

(1) D’après nos recherches, Jean Girou devient garçon de laboratoire, métier qu’il exerce lors du mariage de son fils. Nous pouvons supposer qu’il travaille au Centre de Recherche des Tabacs de la SEITA, aux Aubrais dans le Loiret.
(2) Daniel Girou réside à Tonneins mais comme il est mineur il est domicilié de droit à Orléans (Loiret) où ses parents travaillent.
(3) Informations communiquées par Mme Callède, février 2009, fille de Micheline Girou et petite fille de Daniel Girou.
(4) AD du Loiret 1 R 61520.
(5) M. Daniel Girou a réalisé plus 1000 cartes postales de notre ville au début du XXème siècle. Voir « Tonneins mon Album 1900 », Éditions La Mémoire du Fleuve.

Les photos d'avions et de pilotes prises par Daniel Girou entre 1914 et 1918

Sélection des photos : Alain Glayroux

 

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Les photos de remises de décorations

Sélection réalisée par Alain Glayroux

Les photos de Reims durant la Grande Guerre signées Daniel Girou

Sélection des clichés réalisée par Alain Glayroux

Correspondances de la famille Girou

Photos issues du Studio Girou. Ce sont des membres de la famille de Daniel Girou qui ont posé. Collection privée des familles Girou-Chabrot-Sieuzac-Suberville. Nos remerciements.

Cartes postales signées Daniel Girou

Sélection réalisée par Alain Glayroux

Daniel Girou et le théâtre

Photos et cartes postales sélectionnées par Alain Glayroux