La condition féminine dans le Tonneinquais à travers l'Histoire

Article publié à La Mémoire du Fleuve en 2001 par Annie Timbeau-Rapin

 

La condition féminine dans le Tonneinquais nous semble aujourd’hui acceptable sinon satisfaisante surtout si nous la comparons à ce qu’elle était dans les siècles passés.

 

Au cours des dernières décennies des archéologues ont découvert des tessons, des bases de murailles sur les buttes, au Biscaret, au Montamat et en haut du Pech de Berre. Ils ont attribué ces vestiges aux nitiobriges qui vivaient là, trois siècles avant notre ère. Faciles à défendre, proches d’un fleuve poissonneux et relativement navigable, ces lieux comportaient des avantages. Ce peuple était le même que celui qui résidait à Bellevue à cette époque, sur le site de l’Ermitage à Agen. Grâce aux études réalisées à cet endroit, on sait que les nitiobriges édifiaient des huttes de bois, des lieux de culte, à l’intérieur d’un espace protégé par des fossés et des palissades en rondins. Les femmes devaient y faire la cuisine, élever les enfants, confectionner les vêtements et, si le besoin s’en faisait sentir, elles aidaient les hommes à assurer la défense. La précarité de leur existence ne leur assurait sûrement pas une grande longévité.

 

L’arrivée des Romains, 50 ans avant J.C, apporta un peu de mieux et la sécurité fut assurée. C’est de cette époque que datent les « villas » découvertes à Calonges, Clairac, Le Mas d’Agenais et Grateloup. La belle Vénus du Mas, conservée au Musée d’Agen, témoigne d’un nouveau souci artistique, d’une reconnaissance de la beauté de la femme et de sa place. L’expansion du Christianisme, les vagues d’invasions successives mirent un terme à la Pax Romana et du Vème au Xème siècle les populations autochtones se contentèrent de survivre. Quelques rares établissements religieux représentaient le seul recours des plus faibles, vieillards malades et enfants. Localement, ce soutien finit par manquer puisque ce fut au cours de cette période troublée que l’Abbaye de Saint Vincent du Mas d’Agenais et d’autres petites « maisons » d’hospitalité subirent des incendies et des pillages.

 

Ceux qui réussirent à se sauver cherchèrent refuge dans les collines boisées au nord du fleuve. Pour se prémunir contre les bandes de brigands, ils se regroupaient sur des tertres artificiels qu’ils fortifiaient. L’une de ces mottes est encore lisible à Grateloup.

 

Au début du Xème siècle, Guillaume Sanche, un homme courageux, intelligent et sans scrupules fut reconnu Duc de Gascogne. Pour la forme il rendit hommage à Hugues Capet. Sous sa rude protection, Tonneins-Dessus, Tonneins-Dessous et le Bourg de Cuges se constituèrent vraiment avec une enceinte, et une organisation municipale. Les femmes y gagnèrent en sécurité mais pas en qualité de vie et, pour cette raison, elles s’impliquèrent en grand nombre dans le Catharisme qui reconnaissait leur dignité et ne les mettait pas « sous tutelle » comme le Catholicisme. Certaines d’entre elles accédèrent à la dignité de Parfaites.

 

En 1262, Bernard de Rovinha accorda les coutumes de Casteljaloux aux habitants de Tonneins-Dessus tandis que Guillaume de Ferriol, Seigneur de Tonneins-Dessous établissait celles de sa ville en collaboration avec la Jurade.

 

La paix revenue, des maisons se construisirent dans les deux bourgs, serrées les unes contre les autres à l’abri des remparts et autour des églises. De plus à cause de la pauvreté des habitants on réduisait au maximum le pourtour des enceintes et par prudence, on limitait le nombre des portes. Les places publiques, exiguës et rares, servaient d’emplacements aux marchés, aux foires et aux réjouissances publiques. Les rues étroites serpentaient entre les bâtiments en briques plates couverts de tuiles ou de « rams » pour les plus pauvre (les rams, terme occitan, étaient des roseaux, à rapprocher du nom du hameau de la périphérie tonneinquaise, Saint Georges De Rams). Les habitations que l’on nommait ‘Chopas’ (Même terme que les « échoppes » dans le Bordelais), ne comprenaient dans la majorité des cas qu’une pièce au sol de terre battue avec une cheminée. Le mobilier rudimentaire consistait en un coffre pour les biens les plus précieux, des étagères sur lesquelles on plaçait quelques pièces de vaisselle en terre cuite ou en étain, des gobelets, une ou deux chopines. Il y avait aussi un banc ou des escabeaux et dans une armoire (le cabinet), on rangeait le linge et les vêtements. Les plus jeunes enfants dormaient dans le même lit que les parents. Le reste de la famille se contentait de paillasses posées par terre. Quelques ustensiles en cuivre ou en fer s’alignaient près de la cheminée. On cachait soigneusement les outils, les provisions et une ou plusieurs armes. Dans cet espace réduit et inconfortable la femme devait mettre au monde ses enfants, les élever, cuisiner, filer, coudre, soigner les vieux. C’était elle aussi qui puisait l’eau au puits, à la fontaine la plus proche ou au ‘pishòt’ la source qui jaillit de la falaise sur laquelle se dresse la ville. Suivant les saisons, elle se rendait en outre à la campagne la plus proche où l’usage autorisait le glanage, le râtelage et le grappillage, après l’enlèvement des récoltes et elle lavait également le linge à la Garonne quel que soit le temps.

 

La mortalité féminine était très importante et deux enfants sur trois n’atteignaient pas l’âge de cinq ans. Elles tissaient, filaient et confectionnaient les habits de la famille et grâce à quelques contrats de mariage, à des inventaires on se fait une idée de la manière dont étaient vêtues celles qui appartenaient au petit peuple ; elles portaient des corsages, plusieurs jupons, un mouchoir autour du cou (le miramoum), un foulard ou un bonnet sur la tête (pas encore de coiffe), des bas attachés à la chemise par des lies, des sabots et plusieurs tabliers (davantaus), le plus usagé au-dessus des autres. Le deuil se portant longtemps le noir était la couleur dominante de la garde-robe.

 

Les prêtres surveillaient de près la conduite des paroissiennes et n’hésitaient pas à stigmatiser en chaire les coupables. Les femmes n’échappaient jamais aux peines pour adultère, beaucoup plus sévères pour elles que pour leurs complices.

 

Cette période où cours de laquelle Tonneins se structura prit fin au moment de la Guerre de 100 ans à laquelle les seigneurs de Tonneins participèrent activement. Les tonneinquais eurent à subir les dommages causés par le passage des soldats. Devenu l’un des seigneurs de Tonneins en 1450 Pothon de Xaintrailles aurait dû garantir la protection et la tranquillité des deux bourgs, mais il n’en fit rien, de sorte que les Consuls et les Jurats se rebellèrent souvent.

 

Maintenant, l’usage du numéraire se faisant plus fréquent, les revenus des artisans et des commerçants augmentaient. Les dots des épouses permettaient à de nombreux d’entre eux de s’installer à leur compte. Les conjointes assuraient le vivre et le couvert des ouvriers et apprentis. Et elles en retiraient une reconnaissance sociale qui les consolait peut-être d’un surcroît de besogne certain pour elles. Devenues ‘femme du forgeron’, ‘femme du boulanger’, ‘femme du menuisier’, elles s’élevaient dans l’échelle sociale.

 

En 1530, un neveu de Melanchon prêcha la Réforme à Tonneins. Les idées de liberté, de grâce divine et d’amour qu’il présentait eurent le même effet que le prêche des Parfaits Cathares : des femmes en grand nombre et des Tonneinquais exaspérés par les exactions de leurs Seigneurs embrassèrent la nouvelle doctrine, surtout à Tonneins-Dessus.

 

Les représailles ne tardèrent pas. Blaise de Monluc lança les persécutions et accabla d’impôts les deux Tonneins. Les troupes du Roi passaient systématiquement à l’intérieur de ces villes où les habitants étaient tenus de leur assurer le vivre et le couvert. Par la force, on obtint les abjurations et les Tonneinquaises qui résistèrent furent enfermées dans les couvents ainsi que leurs filles. La misère devint si grande que les Consuls se résignèrent à vendre les poids publics et une partie des fossés. Plusieurs familles quittèrent Tonneins en abandonnant leurs maigres biens.

 

Plus tard lorsque Henri de Navarre et ses troupes passèrent, le Maréchal de Matignon confia à Diane d’Escars, femme du Baron de Saint-Maigrin, la mission de convaincre les fuyards de revenir et de leur rendre leurs maisons et ce qui leur appartenait. Grâce à Henri IV, les fortifications furent relevées et le calme revint suffisamment puisque le 21ème Synode National des Eglises Réformées se tint à Tonneins.

 

Une petite aristocratie à laquelle appartenaient les Consuls et les Jurats construisit alors des demeures vastes, assez confortables où leurs épouses menèrent une vie plus douillette que leurs mères. Parmi eux on relève les noms suivants : de Lagarde, Dade, Desclaux, Gendreau, de Ferron.

 

Les inégalités s’accentuaient, aussi l’agitation reprit-elle à Tonneins et dans tous les villages des alentours. Le fanatisme religieux s’y ajoutant, la guerre civile se déclencha après l’Assemblée de la Rochelle. Louis XIII décidé à rétablir l’ordre au plus vite vint dans notre région à la tête de son armée. Le 23 Juillet 1620 il assiégea Clairac puis ce fut le tour de Monheurt dont les femmes et les enfants s’échappèrent pour se réfugier à Tonneins. Un gentilhomme écrivait dans une lettre conservée à la Bibliothèque Nationale que Le comte de Lavauguyon, Seigneur de Tonneins enjoignait à tous ceux de Monheurt qui s’étaient retirés à Tonneins chez leurs parents et amis, hommes et femmes, petits-enfants, malades, sains, eussent à vider les lieux dans vingt-quatre heures, à peine de la vie, en cas qu’ils fussent trouvés. A la suite de cette démarche, les Tonneinquais ne reconnurent plus l’autorité du Roi et la ville fut assiégée. Après trois mois au cours desquels la peste et la famine tuèrent un grand nombre d’habitants, la ville capitula et fut entièrement brûlée. Peu après, le Roi envoya à Tonneins Jean Olivier Dussaut, Avocat Général à Bordeaux et des notables afin de s’assurer qu’il ne s’y trouvait plus que des ruines et pour délimiter les endroits où les rescapés pourraient éventuellement reconstruire leur logis.

 

A Tonneins-Dessous ils trouvèrent : près de quinze maisons et chopas ou huttes faites en partie de bois et barde, composés de foin et d’argile, partie en terre et argile et briques, couvertes de tuiles. Nous étant approchés des dites chopas, il en est sorti quantité de pauvres femmes et filles et d’enfants, mal habillés, se jetant à genoux, criant miséricorde et pleurant avec cris et lamentations effroyables, disant qu’elles ne sauraient où se retirer si nous leur faisions rompre les susdites huttes et chopas parce qu’elles n’avaient aucun lieu pour se réfugier. Dans d’autres ruines, à Tonneins-Dessus et Tonneins-Dessous, ils rencontrèrent encore plusieurs femmes décidées à conserver leurs débris : Anne Peytaut, Judith Lansade, Marie Chopin, Anne Micheau, Jeanne de Barre, Marie Blandine, Guillaumette Rodiès et Florette Salles.

 

En dépit des consignes de Monsieur Dussaut les gens rebâtirent au même endroit. Il est vrai que l’appui de Monsieur de Turenne qui se maria en 1653 au Temple de Saint Etienne de Gajoufet avec Anne Nompar de Caumont fut déterminant car à cette occasion il est devenu baron de Tonneins-Dessus. Le Chevalier de Vivens, Commandant de Clairac et Monsieur de Bougy, époux de Marguerite de Chaussade, Baronne de Calonges encouragèrent également les mesures de clémence envers les Tonneinquais. Une fois leurs maisons et leurs murs redressés, ces derniers reprirent courage, cultivèrent leurs terres.

 

C’est de cette époque de renouveau que date (1670-1679) le livre de raison d’une riche propriétaire terrienne protestante qui résidait au Bousquet, sur la commune d’Unet. Il s’agit de Françoise Farges, née vers 1619 de Salomon Farges sieur du Bousquet et de Françoise Lajaunie. Vers 1642 elle épousa Jean de Pincevoir, et lui donna quatre garçons et quatre filles. Devenue veuve en 1669, elle rédigea ses mémoires. Elle résidait toujours au Bousquet, une petite demeure de quatre pièces où vivaient aussi l’une de ses filles mariées à un Pasteur et la domesticité.

 

Ce livre de raison nous fait participer à la vie d’une femme qui dirigeait sa maisonnée et administrait ses biens d’une main ferme. Elle établissait méticuleusement sa comptabilité notant toutes ses dépenses. Et voici quelques exemples :

 

  • Pour payer les dettes de son défunt mari.

  • Pour payer l’entretien d’un de ces fils militaires :

 

Premièrement un manteau de barracan bleu qui me coûta 24 livres, plus une paire de bottes 22 livres, plus pour donner à son valet 18 livres, plus pour accommoder les pistolets de son père 10 sols, plus une cavale qui était dans la maison pour monter son valet au prix de, plus lorsqu’il partit, deux pièces de quatre pistoles et quatre écus blancs faisant en tout cent livres.

 

  • Pour payer les études de son autre fils, Jean de Pincevoir, dit Germilhac, (qui deviendra médecin à Tonneins).
  • Pour prêter à l’un de ses gendres, le Pasteur Vénès, (qui la sollicitait ainsi : je vous supplie de m’accommoder, s’il vous est possible, de dix ou douze écus, pour mettre un peu d’ordre à mes nécessités).

 

Grâce à sa fortune, Madame de Pincevoir eut la possibilité de marier convenablement ses filles : l’une avec la Pasteur Vénès qu’elle aida pécuniairement à plusieurs reprises. Une autre de ses filles, Marthe, épousa Charles de Pellet qui habitait au lieu-dit Pellet (c’est là que s’élevait le temple d’Unet).

 

Un grand nombre de jeunes filles du 18ème siècle, peu ou pas dotées, ne pouvaient pas se marier. Elles avaient le choix de vivre avec un frère ou des neveux dans une situation qui s’apparentait à celle d’une servante ou bien de rentrer au Couvent. A propos de ce genre d’établissement, le Chanoine Durengues écrivait en 1914 dans la Revue de l’Agenais : il est juste de les considérer comme des asiles honorables et sûrs où beaucoup de filles de condition mais peu fortunées, et par suite inhabiles au mariage, étaient trop heureuses, moyennant 2500 livres à 3000 livres de trouver un refuge pour toute leur vie plutôt que de vieillir sous le toit paternel, dans une situation plus ou moins fausse et équivoque à la charge d’un frère aîné puis d’un neveu qui pourrait le leur faire sentir cruellement. C’étaient si l’on veut, des béguinages où sans se dépayser, on gardait toutes ses relations de famille et de société.

 

C’est dans cet esprit que fut créé en 1638 le Couvent des Dames Dominicaines du Mas d’Agenais. Dû à la générosité de la Comtesse de Rochefort, il fut aménagé au centre de la bourgade, on peut en voir encore des vestiges. L’établissement se développa très vite, prospéra, acquit de très nombreuses propriétés que la Prieure, assistée d’un notaire et d’avocats gérait avec rigueur.

 

Pour recevoir une jeune fille le règlement demandait le versement d’une somme de 3000 livres à l’entrée. Pendant l’année du noviciat, les parents payaient 120 livres pour la nourriture. Si la postulante venait à mourir, 500 livres appartenaient de droit au Couvent. Certaines fillettes étaient placées là dès leur sevrage.

 

Parmi les religieuses on note la présence de Marguerite et Marianne Cruzel de Villefranche du Queyran, de Jeanne de Piis d’Anzex, de Catherine Dunogué du Mas d’Agenais, de Mademoiselle de Sigal de Gontaud, de Françoise de Labat, fille du Maire de Tonneins.

 

Constamment sous la coupe d’un père, d’un frère, d’un époux ou d’une Prieure, les femmes du XVIIIème siècle ne recouvraient un peu de liberté qu’en devenant veuves comme Françoise de Pincevoir, née Farges. Leur existence laborieuse s’écoulait dans le cadre étroit d’un village ou d’un canton. Un grand nombre d’entre elles, illettrées, possédaient tout de même ‘un savoir’ empirique qui se transmettait de femme à femme. Ces recettes et connaissances leur étaient fort utiles car toute l’économie d’une maisonnée dépendait d’elles.

 

Elles connaissaient un peu de médecine pratique et des préceptes d’hygiène comme ceux-ci :

 

  • Pour avoir des dents propres et blanches : mâcher des racines d’oseille.
  • Pour calmer une insolation, faire le ‘soleil’, c’est à dire appliquer sur le front un verre d’eau fraîche obturé par une toile fine.
  • Pour fortifier : boire du vin sucré dans lequel on a fait tremper des clous.
  • Pour calmer une hémorragie nasale : mettre une grosse clef dans le dos du malade.
  • Pour guérir un abcès : appliquer un emplâtre de mie de pain trempée dans du lait chaud.

 

A cette époque, les femmes mariées mettaient un enfant au monde tous les deux ans (délai de la gestation et de l’allaitement). Elles s’épuisaient, mouraient d’infection, d’où le grand nombre des remariages qui compliquent tant le travail des généalogistes ! La prudence conjugale, non admise par l’église catholique, n’était très peu connue et malgré cela, le Sud-Ouest fut novateur dans le domaine du ‘coïtus interruptus’ régulièrement vilipendé en chaire ! Dans le Tonneinquais, on appelait malicieusement « verre » ou « verron » (verrat) les maris trop prolifiques !  Les sages-femmes tonneinquaises prétendaient qu’on pouvait cognoistre aux nœuds des cordes de l’arrière faix (cordon ombilical), combien d’enfants aurait une femme qui vient d’accoucher. Elles prévoyaient également le sexe du prochain enfant suivant que la naissance avait lieu en pleine ou nouvelle lune.

 

On apportait à l’accouchée un ‘bouillon de relevailles’ qui se préparait avec une poule, deux jaunes d’œufs et du sucre. Elle n’avait l’autorisation de quitter son lit qu’au bout de quinze jours et sa maison le vingt et unième. L’allaitement durait tant que la mère avait du lait. Habituellement on sevrait les filles à dix-huit mois et les garçons à deux ans. Les femmes des classes aisées avaient recours aux services d’une nourrice. L’usage local de Tonneins était de les louer au mois. On leur fournissait en outre ½ kg de sucre et ½ kg de savon par mois. On ne pouvait donner congé à une nourrice du jour au jour, sans indemnités sauf en cas de faute grave. Lorsque des habits de deuil étaient donnés à une nourrice, ils leurs appartenaient définitivement, même si elles quittaient leur service avant le terme convenu.

 

A cette époque également, certaines femmes accédèrent au statut d’artisan. Il faut préciser, que le plus souvent c’était à l’occasion de leur veuvage.

 

En 1756, Catherine Potié tenait boutique de bijouterie à Tonneins-Dessous. Entre autres articles elle vendait des cuillères, des fourchettes en or et en argent, des boucles de souliers, des ceintures et des flacons de cristal.

 

La confrérie des boulangers de Tonneins-Dessous comptait deux maîtresses boulangères en 1787 : Suzanne Lassalle, femme de Jean Seignard. Catherine Seignard, femme de Jean Laperche et belle fille de Laperche le batelier. C’est dans les métiers de l’hôtellerie qu’exerçaient le plus de femmes que l’on désignait par le terme d’hôtesses. Il y avait deux catégories d’établissements : ceux du centre où s’arrêtaient les voyageurs et que fréquentaient les notables et les cabarets mal famés que signalaient une branche d’arbre ou un brandon accroché au-dessus de la porte. A propos de ces gargotes, on avait coutume de prétendre que les servantes étaient aussi remuées par les clients que petits pois dans la marmite. Ces pauvres filles couchaient où elles pouvaient, sur des couettes de plumes ou des paillasses.

 

En 1678, Isabeau Borderie était ‘hôtesse’ à Tonneins-Dessus. En 1760, Anne Labesse était aubergiste à Tonneins-Dessus et la Veuve Capdeville était cabaretière à Unet. En 1688, la Veuve Castéra était patronne des Trois-Pigeons, dans le quartier du Biscarret, établissement le mieux fréquenté de la ville. Anne Pourcharesse tenait l’auberge ‘Au Cheval Blanc’, au quartier de la Barre. Françoise Couzin était aubergiste en 1678 à Tonneins-Dessus. Jeanne Gilard, veuve protestante, au même lieu en 1788. L’état des nouveaux convertis porte cette mention à son sujet : « …la Gilarde, veuve, hôtesse, ne s’est point confessée et ne va point à l’église ». La veuve Bagau, cabaretière à Tonneins- Dessus logeait des voyous, ne déclarait pas à la police les gens qu’elle hébergeait. Il lui arrivait même de donner asile à des voleurs, si bien qu’en octobre 1788 elle dut mettre à bas le brandon de son cabaret, (fermer boutique).

 

En 1762 Marie Lanusse, était cabaretière à Unet et Catherine Nadal, en 1870. L’auberge « A la vache » que tenait Micheau Bobolles au Bourg de Cuges était la propriété de deux sœurs, Charlotte et Nadine Bordes, exigeantes et soupçonneuses.

 

A la veille de la Révolution, une épidémie frappa cruellement la région et, en 1785 deux crues de la Garonne achevèrent de ruiner les paysans. Il y avait des voleurs partout et les femmes s’échinaient à trouver de quoi nourrir et vêtir les membres de leurs familles. Pour les aider, un atelier de charité fut ouvert par les Consuls : de pauvres femmes s’y présentèrent et on les employa à réparer les petits chemins acrobatiques qui permettaient d’accéder à la Garonne depuis le haut de la ville.

 

Les inégalités s’accroissaient. Parlant des femmes des classes aisées qui pouvaient encore se nourrir et s’habiller sans problèmes, Salvinien d’Alquié déclarait :

 

Elles y sont si bien faites qu’il n’y en a point d’égales dans le païs !

 

Au même moment, un voyageur Allemand nommé, Zinzerling, écrivait à propos des femmes du peuple :

 

Je n’ai jamais vu de femmes plus laides, beaucoup ont des défauts corporels, ainsi par exemple, elles sont bossues, elles boitent, elles louchent et elles augmentent encore leur laideur par la mauvaise façon dont elles s’habillent !

 

En1791 l’hiver s’annonçait rude après de très mauvaises récoltes. Les prix montaient de façon alarmante. Une douzaine de femmes, (présumées riches et peu partageuses) furent arrêtées et détenues dans l’auberge tenue par la veuve Lassuderie où se réunissait régulièrement le Cercle Républicain. On les obligea à verser 3 livres par jour à leurs gardiens. Les exactions se multiplièrent à un tel point que Jouan le Jeune en personne se vit contraint de les libérer et de dissoudre son petit groupe de sans-culottes.

 

Les gens pauvres ne mangeaient plus que des fèves et les boulangers ne pétrissaient plus. Après le coup d’État du 18 Brumaire attirés par la perspective d’une solde, de nombreux hommes s’enrôlèrent dans les armées impériales. Dès lors, les épouses durent affronter seules les difficultés économiques et travailler hors de chez elles pour gagner un peu d’argent. Les soixante ateliers de corderie de la ville dont l’un était dirigé par sa propriétaire, la veuve Crestian, embauchèrent les femmes ainsi que les enfants.

 

Plus tard, une fois la paix revenue après la chute de l’Empire, les femmes s’engagèrent aux faïenceries d’Aubergeret, de Villeton ou aux Tanneries. Les usages en vigueur à Tonneins fixaient la journée de travail de 5 heures du matin à 7 heures du soir en été, de 6 heures du matin à 6 heures du soir en hiver.

 

La vie des bourgeoises riches, épouses de médecins, d’apothicaires, de juges, d’avocats, de négociants ou de banquiers se déroulaient bien autrement. Derrière les murs et les grilles de leurs maisons entourées de jardins, assistées par une domesticité sous-payée, elles géraient leur ménage, éduquaient leurs enfants, brodaient, s’acquittaient de leurs devoirs religieux (protestants ou catholiques), faisaient de la musique et recevaient leurs amis. Néanmoins elles dépendaient en tout de leur père ou de leur mari et demeuraient prisonnières des préjugés et des conventions provinciales étroites. Le roman de Marcel Prévot : « Mademoiselle Jauffre » dépeint parfaitement l’ambiance oppressante de ces riches maisons.

 

Certaines, très rares, s’évadaient quelquefois. L’une d’elles, Madame Lartet, osa effectuer une ascension en ballon. Son aventure se termina mal ; l’engin s’abîma dans Garonne juste devant Tonneins et la téméraire fut sauvée in extremis de la noyade.

 

La vie des aristocrates qui résidaient dans des hôtels particuliers à Tonneins ou dans les châteaux des environs présentaient plus d’attraits. Ces dames s’instruisaient, voyageaient, allaient au spectacle, fréquentaient les réceptions. Certaines même, sous le contrôle de leurs époux participaient à la vie politique. Madame de Witt et ses amies s’impliquèrent ainsi dans la défense des idées royalistes.

 

Après la révolution de 1848 l’angoisse du lendemain tourmentait toujours les petites gens : les ateliers fermèrent et un banquier se suicida. Beaucoup d’opposants républicains, et parmi eux des Tonneinquais, furent déportés en Algérie où plusieurs moururent. Quand Louis-Napoléon vint en visite à Agen, le 7 octobre 1852, le Maire de Tonneins, lui présenta une gracieuse jeune fille qui demandait la grâce de son père exilé.

 

La pauvreté des familles ouvrières devint si grande que la municipalité fut obligée de distribuer quotidiennement 300 soupes populaires à 1 sou.

 

La guerre de 1870 signifia solitude et dénuement pour les femmes des soldats, contraintes d’assumer seules la charge de leurs familles. Celles qui ne furent pas engagées par la Manufacture des tabacs ou les quelques ateliers Tonneinquais exercèrent des métiers indépendants codifiés par des usages coutumiers très précis et propres à Tonneins. Celles qui se louaient comme domestiques (servantes, femmes de ménage ou cuisinières) le faisaient soit pour 1 an, soit pour 9 mois, 6 mois ou 3 mois. Le louage pour un an commençait le 10 ou le 15 août, le 1er ou le 8 septembre. Pour 9 mois il commençait le 1er mars et se terminait le 25 novembre, pour Sainte Catherine. Pour 6 mois, du 25 septembre au 1er mars. Le louage pour 3 mois commençait soit le 1er mars, soit le 25 septembre.

 

Les gages étaient payés à terme échu et le congé pouvait être donné au jour le jour, sans indemnités.

 

Les horaires étaient de 6 heures du matin à 6 heures du soir.

 

Les couturières travaillaient chez leurs employeurs de 7 heures du matin à 8 heures du soir ainsi que les lavandières. Ces dernières savonnaient et « coulaient » la lessive à domicile et partaient rincer à Garonne ou aux lavoirs (à Cuges, au Ruisseau Caillou) en toutes saisons.

 

Les couturières utilisaient leurs propres ciseaux, dés et aiguilles et les lavandières apportaient leur brouette, le banc à laver « lo trubés » et une ou deux corbeilles en osier.

 

Engagées dans des conditions analogues, il y avait des matelassières, des plumassières, des cuisinières, des ‘lisseuses’ et des lingères.

 

Les vêtements des femmes du peuple devenaient plus seyants, plus colorés. La coiffe « còha » se portait désormais couramment : noire en semaine, blanche et brodée les dimanches ou pour les fêtes. Le linge de corps en fil de lin ou de chanvre comprenait un corselet pour soutenir les seins, un corset, des culottes fendues ou « Pisha-viste », une chemise, un jupon, une camisole. Les vêtements de jour : caraco, jupe, robe et manteau étaient en droguet, en ratine, en rasette, en burat ou en étamine. Quelques broderies, passementeries, dentelles ou rubans agrémentaient les cols, les revers et le bord des manches. On portait aussi des châles et des mouchoirs de cou. Les bas de fil ou de laine tricotés à la main s’attachaient par des lies au corset. Les sabots se portaient quotidiennement, car on réservait les chaussures en cuir pour les grandes occasions. Pour le labeur en plein air, on se protégeait avec des chapeaux de paille vernie, les plus aisées utilisaient des ombrelles pour la promenade. Quelques rares bijoux se transmettaient dans les familles.

 

A partir de 1880 environ, les jeunes filles apportèrent en dot un petit trousseau qui comprenait quelques draps neufs et usagés, des torchons, du linge de toilette, du linge de table, des couvertures et parfois des pièces de tissu neuf. L’ensemble se devait d’être symboliquement agréé par la famille du futur époux.

 

Après une flânerie à Tonneins à l’occasion d’une foire, Cornélis de Witt écrivait : Quelle animation et quelle gaieté ! Des toilettes à rendre jalouses les confectionneuses de la Rue de la Paix, des gants blancs sur les bras bruns des campagnardes, des bottines vernies qui, pour venir à la ville, se sont promenées au milieu des labours. Dans son ouvrage « En pensant au pays » le même décrivait un peu plus loin la demeure d’un propriétaire terrien (laboureur) qui vivait dans le voisinage de Puch d’Agenais : Elle avait vraiment bon air, la maison du père Boussard, avec ses murs blancs, ses contrevents bruns et les tuiles rouges de sa toiture, toutes couleurs peut-être un peu brutales aux premiers jours mais que le soleil a calmé. Des fleurs s’étagent jusqu’à hauteur des fenêtres, tout le long de la muraille et apportent-elles aussi à ce paysage une note brillante et variée. Nous avons voulu tout voir : la cuisine propre et bien carrelée avec une cheminée spacieuse comme il convient pour les soirées d’hiver. Sur un grand bahut qui a de l’âge et du style s’alignent dans une symétrie parfaite de grands pots de grès où l’on devine d’intéressantes provisions. Épinglés à la muraille, des images et des portraits un peu noircis par la fumée : la Tour Eiffel, le Pape, M. Thiers, le comte de Paris, la prise du redan à Malakoff, le père Boussard en voltigeur de la garde et son fils artilleur.

 

Le reste de la maison comporte trois chambres dotées d’une aération suffisante et d’un mobilier modeste et solide. Attenante à la cuisine, la chambre des parents contient une grande armoire où Madame Broussard recueille le linge de toute la colonie et les habits du dimanche.

 

Un petit escalier de bois conduit au grenier : c’est là qu’on mettra le blé, l’avoine et l’orge après la dépiquaison. C’est là qu’on pendra les feuilles de tabac pendant la longue période de dessiccation qui va d’octobre à février, depuis le moment de la coupe jusqu’à l’expertise.

 

Le chai est contigu à la maison d’habitation et la sépare de la grange : on y voit la vaisselle vinaire, cuviers, comportes, barriques et les outils de l’exploitation.

 

A la faveur de la longue période de paix de 1872 à 1914 et d’un accroissement des ressources des ménages, les maisons se modernisent un peu. Des travaux de protection contre les crues, la construction des quais en pierre furent entrepris. Les fossés de la Gardolle et de Gravissat comblés devinrent des boulevards en partie bordés d’arbres. Le Maire Galup (32 ans en poste !), fit supprimer le péage pour emprunter le pont, édifier des abattoirs, et installer l’éclairage public au gaz.

 

Des Tonneinquaises obtinrent des emplois de poinçonneuses, de guichetières et de secrétaires à la gare du chemin de fer et à celle du tramway qui reliait Sos au nord du département. Les corderies avaient fermé leurs portes mais des boutiques artisanales tenues par des femmes se créaient : salon de coiffure, ateliers de modistes, couturières ou brodeuses. Le travail de la prune occupait une main d’œuvre non qualifiée pendant 6 ou 7 mois de l’année.

 

Les processions religieuses, les kermesses de bienfaisance, les foires, les marchés et les bals donnaient aux citadines, même les moins aisées, l’occasion de se distraire. Elles montraient leurs plus belles toilettes sur les promenades ou au jardin public créé par Monsieur de La Bruyère lorsqu’il fut Maire. Toutes les filles eurent peu à peu accès à l’instruction grâce aux nombreux établissements religieux, aux écoles laïques gratuites et à la fréquentation obligatoire.

 

Des poétesses se firent connaître et apprécier : Mesdames Fitte et Anna Lafargue.

 

La guerre de 1914 mit un terme à ces progrès. Encore une fois les Tonneinquaises durent pallier l’absence de leurs époux à la ville et à la campagne. Les lettres venues du front racontèrent les misères, les peurs des soldats. Les avis de décès se succédèrent ensuite, il en eut 204 pour la seule ville. Les 6 et 7 septembre 1919 de grandes cérémonies accompagnèrent la pose de la première pierre du monument aux morts. Le Maire, le Docteur Galup, l’Abbé Savagnac Curé de Notre-Dame et le Pasteur Brunel les présidèrent d’une manière œcuménique très exceptionnelle à Tonneins à cette époque. Anna Lafargue et Henri Fromont déclamèrent des vers de leur cru. La fille de l’un des militaires décédés, âgée aujourd’hui de plus de 90 ans se souvient encore avec une grande émotion d’un poème d’Henri Fromont où revenait sans cesse cette tragique exclamation : Des croix ! Des croix ! Toujours des croix !

 

Entourées de compassion, d’hommages respectueux, les veuves de guerre avaient acquis aux yeux de la population et parfois même aux leurs, une aura de quasi sainteté qui ajoutait, à leur chagrin et à leurs difficultés matérielles, l’obligation morale de porter indéfiniment un deuil rigoureux. La plupart d’entre elles ne quittèrent d’ailleurs jamais leur uniforme funèbre et se raidirent dans le personnage que la société les avait obligées de jouer à longueur de vie. D’autres, légitimement désireuses de continuer à vivre renoncèrent à se remarier pour éviter la réprobation et ne pas perdre leur pension. Nous en connaissons plusieurs qui ont vécu de nouvelles amours dans la clandestinité en éprouvant un injuste sentiment de culpabilité.

 

Au cours des années suivantes, la lourdeur des traditions, l’attitude conservatrice des religieux de tous bords ainsi que le féminisme purement symbolique des tenants des cercles avancés comme la Libre Pensée continuait d’enfermer les Tonneinquaises dans un carcan de conventions. L’école elle-même, par son moralisme pointilleux, contribuait à les tenir au foyer ou dans des emplois subalternes sous-payés, à accentuer l’inégalité entre les femmes de milieux populaires et bourgeois. Si les unes continuaient à porter les vêtements traditionnels, les autres imitaient les tenues des dames des grandes villes particulièrement Bordeaux et Paris, qu’elles pouvaient admirer dans les premiers journaux spécialisés à relativement grand tirage.

 

Certaines parisiennes commençaient à se libérer de ces jougs pesants, surtout les artistes et les romancières, mais elles étaient considérées par les Tonneinquaises elles-mêmes comme des « garces » équivoques et dangereuses, des « typesses », selon une expression locale. Dans la bourgeoisie, des femmes qui avaient bénéficié d’instruction se permettaient tout juste des audaces verbales symboliques. Pour elles, avoir un emploi eut été senti par la population comme un début de déchéance.

 

Par contre, les ouvrières des ateliers, du moins celles qui avaient accédé grâce à un début de réflexion sur les questions sociales s’engageaient peu à peu dans l’action syndicale. D’autres, issues de familles paysannes, éprouvaient à leur égard une certaine méfiance.

 

Les sages-femmes avaient pour mission de répondre à toutes les questions de santé spécifiquement féminines. Néanmoins, tout ce qui touchait, au sexe, à la contraception demeurait tabou, condamné par l’église et le restera jusqu’en 1968 pour certains aspects, jusqu’à nos jours pour d’autres. Il n’est que de se rappeler avec quel mépris on considérait les filles mères, celles qui « hestejavan Pascas abans Rampalm » (qui fêtaient Pâques avant Rameaux) et la flétrissure qui s’attachait à elles durant tout le reste de leur existence.

 

Les longues journées de travail, les maisons encore bien inconfortables, la peur du lendemain, du qu’en-dira-t-on, dissuadaient les Tonneinquaises de se tenir informées de ce qui se disait ou se passait ailleurs. J’ai bien assez à faire chez moi ! assuraient-elles. Il n’y avait pas de différences fondamentales entre leur style de vie, leur mentalité et ceux de leurs mères et grands-mères

 

La seconde guerre mondiale amena certaines Tonneinquaises, avant tout des ouvrières, à s’impliquer ouvertement dans la Résistance comme le fit Madame Maxime Badie. La majorité des autres se borna à survivre, à traverser les mauvais jours en préservant leurs familles. L’obligation de remplacer leurs maris à la tête d’une entreprise, d’une exploitation ou de trouver un emploi pour subsister détermina certaines à demeurer actives après la fin des hostilités.

 

A la libération, la tonsure des pauvres malheureuses qui avaient entretenu des relations amoureuses avec des soldats allemands, représenta, pour certains hommes, une occasion officielle et sauvage de nier l’indépendance affective de leurs compatriotes.

 

Les mouvements féministes de l’après-guerre balayèrent de très nombreux tabous, luttèrent pour ouvrir de nouvelles perspectives aux femmes. Le droit de vote qui leur fut accordé les rendit majeures, néanmoins quand on considère de quelle manière sont traitées par leurs pairs ou par les médias les députées, les conseillères municipales, les artistes du sexe dit faible, tout ce que l’on exige d’elles, on mesure le chemin qu’il y a encore à parcourir. La parité concédée aux femmes n’est qu’une aumône condescendante. C’est pour cela qu’il faut se réjouir de voir la génération actuelle des adolescentes, si différentes de leurs mères, se montrer ambitieuses, gourmandes de vie, indépendante et d’une grande lucidité. Peut-être obtiendront-elles enfin l’égalité qui n’est qu’hypocritement proclamée depuis longtemps.

 

Annie TIMBEAU-RAPIN

 

Bibliographie

 

  • Histoire de l’Aquitaine, Charles Higounet.

  • Histoire religieuse et monumentale du diocèse d’Agen, Abbé Barrère.

  • Histoire de l’Agenais, Société des Sciences Lettres et Arts d’Agen.

  • Usages locaux du département de Lot-et-Garonne.

  • Histoire de Tonneins, Alphonse Lagarde.

  • Tonneins, 5000 ans d’histoire, Jean Caubet.

  • Jouan le Jeune, Jean Caubet.

  • Notes sur les métiers de Tonneins, G. de Lagrange-Ferrègues (Revue de l’Agenais).

  • Livre de raison de Madame Farges d’Unet, étude de G. Lagrange-Ferrègues (R.A).

  • Voyage du tour de France, H. de Rouvière.